Oui, biensûr, du nouveau sur le logement social avec Pérol, l'ami des Sarkosy
De la réforme des retraites au logement social, les mêmes mécanismes économiques sont à l'oeuvre. L'un sert les assuances privées et l'autre les banques.
Ensuite, d'une plainte à l'autre, c'est à dire depuis celle de Pérol, secrétaire général adjoint de l'élysée, à la dernière en date de Guéant, sécrétaire général du même bordel, les mêmes menaces, les mêmes travers, alors...
...Aux armes citoyens...
C'est une réforme gravissime mais dont on parle peu : comme on pouvait le craindre dès sa mise en œuvre, le 1er janvier 2009, la banalisation du Livret A risque à brève échéance de faire imploser le système de financement du logement social, en France. Et c'est un proche de Nicolas Sarkozy, récemment décoré par lui de la Légion d'honneur, qui est à la manœuvre : François Pérol. Secrétaire général adjoint de l'Elysée, c'est lui, aux côtés du chef de l'Etat, qui a conçu la réforme initiale, bouleversant de fond en comble les règles de fonctionnement de l'épargne populaire. Et c'est lui, dans ses nouvelles fonctions de patron de BPCE (résultant de la fusion des Caisses d'épargne et des Banques populaires) et de président de la Fédération bancaire française, qui, menant croisade, s'applique à donner l'ultime coup de boutoir.
Pour comprendre ce qui se trame dans les coulisses du pouvoir et des milieux d'affaires, il faut se souvenir du « big bang » qui s'est produit le 1er janvier 2009. Avant cette date, l'Etat disposait d'un formidable levier, par le biais du Livret A qui est le produit d'épargne fétiche des Français, pour assumer deux missions d'intérêt général : d'abord la rémunération de l'épargne populaire, grâce à ce produit d'épargne réglementé, c'est-à-dire profitant d'un taux de rémunération avantageux, grâce à une bonification de l'Etat ; ensuite le financement du logement social, les sommes collectées par le Livret A étant centralisées par la Caisse des dépôts et consignations (CDC), afin de financer les emprunts en faveur du logement social. Deux grands réseaux, les Caisses d'épargne et La Poste (sans compter le Crédit mutuel pour le Livret bleu), bénéficiaient donc d'un monopole de distribution du Livret A dans le cadre de ces missions d'intérêt général. Et la CDC était elle-même actionnaire des Caisses d'épargne, à hauteur de 35%.
De la sorte, les deux missions d'intérêt général étaient donc indissolublement liées, tout comme l'étaient les groupes chargés de les assumer.
Mais progressivement, des coups de boutoirs ont été donnés contre ce système très emblématique du modèle d'économie sociale à la française afin qu'il soit, si l'on peut dire, privatisé. D'abord, premier coup de boutoir, les dirigeants des Caisses d'épargne ont violé en 2006 le pacte d'actionnaires qui les liait à la CDC, pour faire alliance avec les Banques populaires et créer avec elles la célèbre banque d'investissement Natixis, si gravement mise à mal lors de la crise financière. Dans cette entreprise, les dirigeants des Caisses d'épargne ont été fortement aidés par François Pérol, à l'époque associé gérant de la banque Rothschild et conseil pour ce projet des Banques populaires. En quelque sorte, tous les associés de l'aventure ont tourné le dos aux missions d'intérêt général et ont poussé leurs établissements respectifs vers les marchés anglo-saxons dans l'espoir de réaliser des gains mirobolants sur des placements hautement spéculatifs et hautement... risqués. On sait ce qu'il en est advenu : un sinistre financier historique (on retrouvera dans l'onglet « Prolonger » les très nombreux articles que nous avons consacrés à l'époque à cette affaire, ainsi que le rappel de la confrontation judiciaire qui a opposé Mediapart aux dirigeants des Caisses d'épargne, et que nous avons gagnée).
Puis, d'autres coups de boutoirs sont intervenus : lorgnant le formidable gâteau de l'épargne populaire qui lui échappe depuis des lustres, le lobby très puissant des banques a relancé une campagne pour que le Livret A soit banalisé, en clair pour que le monopole de distribution confié aux Caisses d'épargne et à La Poste soit remis en cause, et que toutes les banques privées puissent, elles aussi, distribuer ce produit. Histoire de capter la clientèle de quelque 50 millions de Français qui disposent d'un Livret A et de mettre la main sur un formidable pactole.
Au lendemain de la victoire de Nicolas Sarkozy, quand cette campagne très intéressée a redoublé d'intensité, beaucoup de voix se sont élevées pour pointer les dangers d'un tel projet. D'abord, la France n'avait aucune obligation d'obtempérer – en tout cas si vite – aux souhaits de Bruxelles, qui poussait en ce sens. Ensuite, il semblait malheureusement assez prévisible que la banalisation du Livret A conduise à terme à la remise en cause des deux missions d'intérêt général, que tout particulièrement l'argent ainsi collecté soit de moins en moins centralisé à la CDC, et que du même coup les financements au profit du logement social se tarissent progressivement
Pour aller plus loin, pour ceux qui aiment la lecture, les deux articles complets sont sur la rade, c'est par là.
Et puis ceux qui préfèrent la télé... C'est à suivre.
Procès Mediapart/Caisses d'Epargne: E. Plenel & L. Mauduit
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