Coup de coeur, une esthétique en héritage...

Publié le par Les Virévoltes.over-blog.fr

La peinture comme "silence absolu".

Il disait aussi: «Peintre, ton tableau doit parler à ta place»

 

 

Ce qui suit correspond à de larges extraits d'un article de Dominique Conil de Vincent Truffy paru le 15 Décembre 2011 dans Médiapart, le journal sans papier 

 

Si peu bavard, il sera capable de décrire dans le menu détail les nuances de parfum entre peintures égyptiennes et grecques (à l’huile de rose et cire d’abeille), la différence de texture entre peinture à la colle de poisson ou au kvas, à la térébenthine ou au blanc d’œuf. Et se refusera toujours à utiliser les peintures en vente dans le commerce, «dégoûtantes». Ce qu’à un journaliste du Monde, plus tard, il résumera ainsi: « Couleurs, c’est très caprice… Technique, vous pouvez toujours copier. Mais la lumière de la couleur, jamais. Impossible.» Il fabrique tout lui-même, avec les pigments de base.

 

A 53 ans, et après-guerre, Serge Poliakoff habite avec femme et enfant une pièce unique de l’hôtel du Vieux-Colombier. Cuisine russe sur réchaud à alcool, «atelier» dans un coin, guitare la nuit… et amitiés à tous les étages. Le tenancier est le peintre Louis Nallard, les copains à demeure ou de passage se nomment – entre autres – Sidney Bechet, Hartung, Kateb Yacine, César, et le jeune Robert Hossein y a décroché une chambre contre un poste de gardien de nuit. «S’il y avait eu quatre roues, c’eût été une roulotte. Là, j’ai connu le bonheur parfait. Nous vivions “dans les toiles”, elles m’apportaient la certitude d’un ailleurs que jusque-là j’avais cherché en vain», écrit Marcelle. Cet ailleurs, Poliakoff l’a trouvé lui, un jour de 1948, avec le «silence absolu» de sa peinture. Un travail sur l’espace, dit-il. Et la révélation de ses couleurs dans ce qu’il appelle des «formes enserrées», une géométrie organique.

 

Né dans une famille de la haute-bourgeoisie russe, d’un père kirghize qui enlève sa fiancée à cheval comme il se doit, et d’une mère qui fréquente la princesse Galitizine, il se retrouve à 18 ans traversant la Russie en pleine guerre civile. avec un quatuor musical. Pérégrination européenne et ensemble tzigane, ce sera son assurance-survie pendant trente ans.

En 1962La France lui accorde – enfin – une carte d’identité. D’où le « moi comme toi, moi french!», lancé à un ami peintre croisé dans la rue. Mais Poliakoff sait remarquablement user de la nuance, aussi : «La France est un pays merveilleux, quand on ne comprend pas tout…".

 

 

En complément, je ne résiste pas à vous livrer une formule de dick annegarn sur l'art: "l'art est un divertissement qui donne bonne conscience à ceux qui le pratiquent, rend inactif ceux qui le consomment, dans un contexte ou chacun doit se battre pour vivre, manger, se loger".

 

 



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Publié dans Culture

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